STÉPHANE LAMBIEL DONNE
UNE NOUVELLE ORIENTATION
À SA CARRIÈRE. LE DOUBLE CHAMPION DU MONDE A DÉCIDÉ
DE SE SÉPARER DE PETER GRÜTTER, SON ENTRAÎNEUR DEPUIS 1995.
Stéphane Lambiel coupe le cordon ombilical et franchit l'Atlantique.
Afin de se relancer après deux saisons difficiles, il se sépare de son entraîneur Peter Grütter pour aller se préparer près de New York, sous la conduite
de l'ancien champion olympique ukrainien Viktor Petrenko.
Cinquième seulement des Mondiaux
de Göteborg en mars, en délicatesse tout l'hiver avec ses sauts, Lambiel
(23 ans) était arrivé à l'heure
des choix. «Je devais changer quelque chose pour avancer et trouver
un chemin jusqu'aux Jeux de Vancouver en 2010», explique
le Valaisan.
La collaboration avec Peter Grütter aura duré 13 ans, juste entrecoupée par un court intermède de quelques mois
avec Cédric Monod en 2004-05. Elle a été marquée par deux titres Mondiaux (en 2005 et 2006), une médaille d'argent olympique à Turin en 2006 et des milliers d'épisodes qui ont tissé des liens très forts, «au-delà de le relation professionnelle», relève le patineur. Mais faiblesse du réservoir suisse oblige, jamais Lambiel n'a pu s'entraîner
avec des athlètes de son niveau. Cela va changer désormais.
«QUELQU'UN POUR ME POUSSER»
«Aux Etats-Unis, j'aurai quelqu'un pour me pousser», dit-il. Lambiel s'entraînera en effet aux côtés de l'élégant Américain Johnny Weir, médaillé de bronze des Mondiaux. Et avec Petrenko, il se place sous l'aile d'un jeune entraîneur de 38 ans, qui a l'expérience du plus haut niveau champion olympique et du monde en 1992
sous les couleurs de la CEI et très au fait sur le plan technique.
Petrenko travaillera en duo avec Galina Zmievskaya, qui fut autrefois son entraîneur et dont il a par ailleurs
épousé la fille. «Les deux se complètent, Galina a un coup d'oeil précis et a amené au sommet Viktor et Oksana Baiul» (ndlr: autre championne olympique ukrainienne, en 1994), relève Lambiel.
L'as des pirouettes sera basé à Wayne, dans le New Jersey, à 40 minutes de New York. Il va déménager là-bas après sa tournée estivale asiatique (Japon, Corée du Sud) mais reviendra régulièrement en Suisse. L'avenir de sa collaboration avec la chorégraphe Salomé Brunner et la coach de condition physique Majda Scharl est incertain.
«Il faut encore éclaircir les choses, je vais chercher à m'entourer là-bas», observe le Valaisan.
CHANGEMENT D'AIR
Lambiel, après sa déception de Göteborg, admet s'être posé la question de savoir s'il allait poursuivre sa carrière
ou non. Il a beaucoup discuté avec Peter Grütter, pour finalement choisir de rejoindre Petrenko, qu'il avait rencontré plusieurs fois en gala (l'Ukrainien patine encore en professionnel) et qu'il «apprécie énormément».
Il ne faut plus douter de la détermination de Lambiel : «J'ai deux ans devant moi avant Vancouver, le travail ne me fait pas peur. Il n'y a pas de souci à avoir, je suis prêt à refaire mes gammes», souligne-t-il, l'esprit combatif mais le corps encore gêné par quelques petits problèmes d'adducteurs.
Petrenko aurait déjà dit à Lambiel qu'il a le potentiel pour «réussir au mieux». Quant à Peter Grütter, il s'est montré «compréhensif», assure le patineur. «Il veut mon bien et il est content que je continue.»
Dans le petit monde du patinage, les possibilités ne sont pas légion. Il n'y avait guère que cinq entraîneurs valables qui entraient en ligne, relève-t-on dans l'entourage du champion. En choisissant les Etats-Unis, Lambiel montre qu'au-delà de l'aspect technique, il aspire d'abord à un changement d'air.